Le chantier-école qui s’est tenu au printemps 2026 à la collégiale de Romans-sur-Isère s’inscrit dans un projet de recherche collectif, Ornatus, portant sur les décors peints ornementaux réalisés entre le XIIe et le XIVe siècle. Une équipe de cinq étudiant.e.s de l’Université Lumière Lyon 2, de la licence 3 au doctorat (Anne-Laurence D’Aoust, Garance Deronne, Charlotte Simon, Lucas Bobillon, Juliette Le Meur), encadrée par Amaëlle Marzais (MCF Lyon 2, ArAr UMR 5138) et Térence Le Deschault de Monredon (chercheur indépendant, président du Groupe de Recherches sur la Peinture Murale), s’est rendue à la collégiale afin d’étudier les peintures murales médiévales pour la deuxième année consécutive. Le chantier-école de 2026 a été financé par l’Université Lyon 2.

En dépit de la richesse des peintures de la collégiale, qui fait de cet édifice un repère majeur dans l’histoire de la peinture monumentale gothique, le site n’a quasiment pas bénéficié d’études du bâti et des décors. Le diagnostic récent des conservatrices-restauratrices Florence Cremer et Natacha Akin a montré que, lors de la restauration par Robert Baudouin entre 1978 et 1982, les peintures ornementales du chœur avaient fait l’objet d’une vaste réintégration picturale dans les zones décoratives (60 à 80 %), contrairement aux zones figuratives dont les lacunes ont été reprises à minima. Ces interventions sont malheureusement très peu documentées. Le premier enjeu de ce chantier école était donc d’engager une critique d’authenticité des différentes zones à partir d’une observation rapprochée des parties accessibles directement ou grâce à un échafaudage, et par la relecture des rares sources iconographiques anciennes, dans l’objectif de reconnaître ce qui relève du décor médiéval. À l’issue des deux premières campagnes du chantier-école, un décor antérieur à celui connu du XIVe siècle a été identifié et les restaurations du XXe siècle sont désormais mieux comprises.

En outre, la chapelle du Saint-Sacrement, attenante à la nef, contient plusieurs campagnes de décors. Celle du XVe siècle est la plus connue et a été restaurée en 1960-1964, tandis que d’autres campagnes picturales plus anciennes et fragmentaires remontent probablement au XIVe siècle et n’avaient jamais été considérées jusqu’à présent. Leur état de conservation nécessite une étude stratigraphique et archéographique poussée en vue de proposer des restitutions de la mise en couleur médiévale de cet espace.
Lien de la base de données Ornamentum : https://heurist.huma-num.fr/gvict_Ornamentum/web/427
